Illégal

« Fixeurs », comptes « vérifiés », vente de soldes : les pièges à éviter

Valable au 22 octobre 2026Lecture : 5 min

Acheter un compte « vérifié », payer un intermédiaire pour ouvrir un compte à l’étranger ou revendre votre solde contre des dinars : ces services pullulent sur Facebook et Telegram. Tous sont illégaux pour un résident, et ce sont aussi les terrains favoris des arnaqueurs.

Ces offres promettent de régler en une heure ce que la voie légale règle en quelques jours (fiche 4). Voici ce qu’elles cachent.

Les services que vous voyez en ligne

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Acheter ou louer un compte « vérifié » (Payoneer, PayPal, Upwork, Paysera…)

Le compte est ouvert au nom de quelqu’un d’autre. Vos clients paient donc un tiers, et l’argent n’arrive jamais sur un compte déclaré à votre nom.

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Payer un « fixeur » pour ouvrir un compte à l’étranger

Le fixeur fournit une adresse en Europe, parfois une facture d’électricité ou un faux justificatif, pour ouvrir un compte Wise, Revolut ou une carte Paysera réservée aux résidents européens. C’est une fausse déclaration à l’établissement, et des avoirs détenus à l’étranger, interdits par l’article 8 du règlement 07-01Règlement 07-01 du 3 février 2007 relatif aux règles applicables aux transactions courantes avec l'étranger et aux comptes devises (version d'origine), p. 2. Ces comptes sont souvent fermés après un contrôle d’adresse.

Ce marché peut mener loin : en octobre 2024, le tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a condamné les responsables d’une société qui faisait fonctionner des services Paysera en Algérie sans autorisation, pour escroquerie, blanchiment et infraction à la législation des changes, à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison.

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Revendre votre solde contre des dinars, ou acheter un solde

Vendre vos dollars Payoneer ou PayPal à un particulier qui vous paie en dinars, c’est acheter ou vendre des devises hors du circuit officiel : deux à sept ans d’emprisonnement, une amende d’au moins deux fois la somme et la confiscation (ordonnance 96-22, art. 1 bisOrdonnance 03-01 modifiant l'ordonnance 96-22 (JO n° 12 de 2003), p. 14 et 2). Les réseaux de change en ligne font régulièrement l’objet de démantèlements par la police.

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Payer quelqu’un pour « débloquer » un compte

Après un blocage de compte bancaire, de CCP ou de plateforme, des intermédiaires promettent un déblocage « par connaissance » contre paiement. Vous perdez votre argent, et le blocage reste en place. Seuls la banque, la plateforme ou un avocat peuvent traiter un blocage.

Les arnaques à reconnaître

Même hors de toute question de légalité, ces échanges entre inconnus sont le premier terrain d’escroquerie. Les schémas reviennent toujours :

  • Le faux reçu. On vous envoie une capture d’écran de virement BaridiMob, CCP ou Payoneer qui n’a jamais eu lieu. Un paiement n’existe que s’il apparaît sur votre propre relevé.
  • L’usurpation d’un vendeur connu. Un faux compte copie le nom et la photo d’un intermédiaire réputé dans un groupe. Le « vrai » ne vous a jamais écrit.
  • L’argent qui vient d’un tiers. On vous paie depuis le compte de quelqu’un d’autre, parfois volé. C’est votre compte qui sera bloqué.
  • Le compte repris. Vous avez acheté un compte « vérifié », vous y avez reçu vos paiements, et un matin le mot de passe a changé.
  • Le récupérateur. Après une arnaque, quelqu’un propose de récupérer votre argent contre des frais. C’est une deuxième arnaque.

Si vous êtes déjà concerné

  1. Arrêtez immédiatement d’utiliser le compte acheté ou loué, et ne faites plus aucun échange avec l’intermédiaire.
  2. Gardez les preuves : conversations, captures, références de paiement.
  3. Ouvrez la voie légale à votre nom : statut d’auto-entrepreneur, compte devises, déclaration à la banque (fiches 4 à 7).
  4. Si de l’argent est bloqué ou si vous êtes victime d’une escroquerie, consultez un avocat avant toute démarche. Ne payez personne pour « arranger » la situation.

Ce qu’il faut retenir

  • Un compte qui n’est pas à votre nom n’est pas votre argent.
  • Vendre ou acheter des devises entre particuliers est une infraction de change, avec de la prison à la clé.
  • La voie légale prend quelques jours et vous laisse 100 % de vos recettes en devises.

Sources