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Un proche qui encaisse vos paiements pour vous : ce que vous risquez

Valable au 22 octobre 2026Lecture : 4 min

Faire payer vos clients sur le compte d’un frère en France ou d’une tante au Canada est très courant, mais c’est garder vos recettes à l’étranger : une infraction de change. L’argent est aussi juridiquement celui de votre proche, avec les risques que cela comporte pour lui et pour vous. La voie légale reste votre propre compte devises en Algérie.

Un exemple : Karim, illustrateur à Sétif, fait payer ses clients sur le compte de son frère à Marseille. Son frère lui envoie de temps en temps de l’argent « pour la famille ». Un jour, la banque française du frère lui demande d’expliquer ces virements réguliers d’entreprises étrangères qu’il ne connaît pas.

Pourquoi c’est un problème

Les méthodes

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Un proche à l’étranger qui reçoit vos paiements

C’est le cas de Karim. Pour un résident, c’est une infraction de change, punie de deux à sept ans d’emprisonnement et d’une amende d’au moins deux fois la somme (ordonnance 96-22, art. 1Ordonnance 03-01 modifiant l'ordonnance 96-22 (JO n° 12 de 2003), p. 14 et 1 bis), même si les poursuites sont rares. La bonne foi n’est pas une excuse.

Le « retour » de l’argent ne régularise rien : un virement familial ou des espèces rapportées d’un voyage ne sont pas des recettes d’exportation déclarées (fiche 7).

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Un proche qui revend vos devises au square

Variante fréquente : le proche reçoit les euros à l’étranger, et une personne en Algérie vous verse l’équivalent en dinars au cours du square. C’est du change hors du circuit officiel (ordonnance 96-22, art. 2Ordonnance 03-01 modifiant l'ordonnance 96-22 (JO n° 12 de 2003), p. 14 ; fiche 30), et le terrain des arnaques (fiche 27).

Zone grise

Un proche en Algérie dont le compte devises reçoit vos paiements

Le compte devises personnel d’un résident peut recevoir des virements de l’étranger (règlement 07-01, art. 22Règlement 07-01 du 3 février 2007 relatif aux règles applicables aux transactions courantes avec l'étranger et aux comptes devises (version d'origine), p. 4). Mais ce sont vos recettes, pas les siennes : elles ne sont pas inscrites sur votre compte devises professionnel « pour les besoins de [votre] activité » (art. 57), et la banque de votre proche peut lui demander l’origine des fonds. Aucun texte ne prévoit ce montage. Ce n’est pas une solution officielle, et Payoneer comme PayPal refusent les retraits vers le compte d’un tiers.

Ce qu’il faut retenir

  • L’argent reçu par un proche à l’étranger reste à l’étranger : infraction de change.
  • Juridiquement, cet argent est le sien, pas le vôtre.
  • Un compte devises professionnel à votre nom règle le problème.

Sources