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Garder de l’argent à l’étranger : ce que vous risquez vraiment

Valable au 22 octobre 2026Lecture : 5 min

Si vous vivez en Algérie, garder à l’étranger l’argent gagné avec votre activité est interdit : sur Payoneer, PayPal, Grey, une carte prépayée, le compte d’un proche ou une société. C’est une infraction de change, rarement poursuivie mais lourdement sanctionnée. La seule voie légale est de rapatrier vos recettes sur votre compte devises le jour où le client paie.

Un exemple : Walid, développeur à Alger, garde 6 000 $ sur Payoneer « pour plus tard » et paie ses abonnements avec la carte Payoneer. Un jour, Payoneer bloque le compte pour vérification. L’argent est hors de portée, et il ne peut pas le réclamer à sa banque : il n’a jamais été rapatrié.

Ce que disent les textes

Ce qui compte comme « argent à l’étranger »

SituationPourquoi c’est un avoir à l’étranger
Solde qui reste sur Payoneer, PayPal, Grey, Upwork ou FiverrRecettes non rapatriées, détenues hors d’Algérie
Carte prépayée ou carte Payoneer alimentée depuis l’étrangerMême chose : le solde est à l’étranger
Compte bancaire européen ouvert avec une adresse de complaisanceCompte à l’étranger d’un résident, en plus d’une fausse déclaration (fiche 15)
Un proche à l’étranger qui encaisse vos paiementsVos recettes restent à l’étranger, sous un autre nom (fiche 18)
Une LLC ou une Ltd qui encaisse vos clientsSociété à l’étranger sans l’autorisation requise (fiche 21)
Des stablecoins ou des cryptoactifsInterdits en plus par la loi 25-10Loi 25-10 du 24 juillet 2025 modifiant la loi 05-01 (JO n° 48 de 2025) (fiche 16)

Les sanctions

  • La peine : deux à sept ans d’emprisonnement, la confiscation, et une amende d’au moins deux fois la somme en cause (ordonnance 96-22, art. 1 bisOrdonnance 03-01 modifiant l'ordonnance 96-22 (JO n° 12 de 2003), p. 14, dans sa rédaction de 2010).
  • La transaction : pour les montants jusqu’à 20 millions de dinars, une transaction avec l’administration reste possible (art. 9 bis).
  • Le contrôle : les poursuites contre des freelances sont rares aujourd’hui. Mais un arrêté publié au Journal officiel en août 2026 a habilité 21 agents de la Banque d’Algérie à constater les infractions de change, et les banques doivent désormais repérer les virements qui contiennent des mots comme « crypto » ou « USDT ».
  • Le risque concret : un compte à l’étranger peut être bloqué ou fermé pendant une vérification, avec tout son solde. Sans rapatriement, vous n’avez aucun recours auprès d’une banque algérienne.

Les méthodes

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Garder un « matelas » à l’étranger

C’est la pratique la plus courante sur les réseaux, et elle reste une infraction de change, même pour quelques centaines de dollars. Les arguments du type « tout le monde le fait » ou « je n’ai pas encore de compte devises » ne changent rien : la bonne foi n’est pas une excuse.

Ce qu’il faut retenir

  • Un résident ne garde pas à l’étranger l’argent de son activité : ni appli, ni carte, ni proche, ni société.
  • Peine prévue : deux à sept ans de prison et au moins deux fois la somme, même si les poursuites sont rares.
  • Rapatriez le jour du paiement ; un solde ancien se régularise, en dinars s’il est hors délai.

Sources